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Danse

Cette thèse porte sur un objet complexe liant danse contemporaine, genre et féminisme dans l’espace français de 1968 à 2015. La danse partage les préoccupations des militantes féministes à l’égard des problématiques d’identité, de sexualité, d’émancipation,de déconstruction du genre et des binarismes, de recherche universaliste ou de féminitude. Nous analysons comment le féminisme informe les artistes qui, quelle que soit l’époque, peinent à se dire féministes ou à penser leur art comme l’expression de leur engagement. Considérer le potentiel subversif de la danse implique une analyse de son rapport au genre et en particulier au genre féminin, doublée par celle de la place réelle et symbolique des femmes.

Dans le domaine chorégraphique, faire acte de création pour une femme, c'est-à-dire maîtriser le corps, ses représentations, la mise en scène des rapports sociaux de sexe, l'espace scénique public, la production, imposer une esthétique nouvelle ... fut d'emblée aussi un acte politique. A la fin du XIXe et au début du XXe siècle, l'apparition de la danse moderne, portée presque exclusivement par des femmes qui s'imposent alors comme créatrices et théoriciennes, correspond à l'accession de la danse au statut d'art autonome, et à son implication dans la vie sociale.

La danse est loin de n'être que le reflet d'une culture ou d'une réalité sociale. Elle est souvent facteur de changements, qu'elle anticipe. Presque toutes les danses ont été de ce fait confrontées au politique : du ballet de cours de Catherine de Médicis au butoh, passant par la danse jazz. L'évolution de l'art chorégraphique ne saurait être envisagée sans prise en compte de l'évolution du statut et de la place des femmes dans la société comme dans l'art, ainsi  que  des  problématiques  féministes.  Réciproquement,  la  danse  a  été  et  demeure  un terrain riche d'enjeux politiques pour les femmes.

Le sujet est apparu au détour d'un article du NY Times le 20 avril : une interview de 3 chorégraphes, Justin Peck, chorégraphe résident au NY City Ballet, Alexei Ratmansky, ancien directeur du ballet du Bolchoï et résident à l'American Ballet Theatre, et Christopher Wheeldon, indépendant qui a collaboré avec le Bolchoï et le NYC entre autres, autrement appelés les « Big Three ».